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Audit financier : des faits, des chiffres, des preuves

À la demande de la nouvelle majorité municipale, un audit financier indépendant a été réalisé sur les finances de la commune. Présenté au conseil municipal le 1er juillet, il confirme une situation financière très dégradée : dette qui a quasiment doublé en 3 ans pour s’élever à plus de 10 millions d’euros (y compris ligne de trésorerie), épargne nette devenue négative, investissements trop importants et non financés, déficit de clôture de -1,4 millions d’euros, réserves financières épuisées…

Dans un souci de transparence envers vous, cet audit est mis en ligne dans son intégralité ci-dessous.

Des recettes qui progressent

Les recettes de fonctionnement sont passées de 6,3 millions d’euros en 2011 à 8,9 millions d’euros en 2025, soit +2,5 %/an en moyenne. Mais cette hausse s’est nettement accélérée depuis 2020 (+4,5 %/an), portée surtout par la fiscalité (revalorisation par l’Etat des bases d’imposition en raison de la hausse de l’inflation).

Ce que ça veut dire : Aujourd’hui, la commune perçoit plus de rentrées d’argent qu’avant. Cette progression vient principalement des impôts locaux mais aussi des recettes perçues faisant suite à l’ouverture d’un nouveau service (multi-accueil en 2020).

Des dépenses de fonctionnement qui augmentent plus vite que la moyenne nationale

Les dépenses de fonctionnement (hors intérêts de la dette) sont passées de 5,92 millions d’euros en 2018 à 7,33 millions d’euros en 2025, avec une accélération à +4 %/an depuis 2020, contre +2,4 %/an sur 2011-2020.

Ce que ça veut dire : le coût du fonctionnement quotidien de la commune (personnel, énergie, services) augmente de plus en plus vite, notamment sous l’effet de l’inflation et de nouveaux besoins.

Une capacité d’épargne parmi les plus faibles du secteur

En 2024, le taux d’épargne de gestion de la commune est inférieur à 15 %, alors que la moyenne des communes bretonnes de 5 000 à 7 500 habitants est de 24,2 %, et celle des communes de moins de 10 000 habitants de Lorient Agglomération de 21,3 %.

Ce que ça veut dire : l’épargne de gestion, c’est ce qu’il reste chaque année une fois payées les dépenses courantes ; plus ce taux est élevé, plus la commune a de marge pour investir sans emprunter. Ici, la marge est nettement plus faible que celle des communes comparables.

Une épargne nette devenue négative en 2024

L’épargne nette (ce qui reste après avoir remboursé le capital de la dette) est tombée à -28 000 € en 2024, après avoir été de 916 000 € en 2022.

Ce que ça veut dire : en 2024, la commune ne dégageait plus aucune capacité d’autofinancement pour ses investissements : elle devait emprunter pour tout financer, y compris ce qu’elle rembourse déjà.

Un programme d’investissement exceptionnellement élevé sur 2023-2024

12,4 millions d’euros ont été investis en deux ans (2023-2024), soit 6,2 millions d’euros/an en moyenne, alors que la moyenne annuelle sur 2011-2020 était de 1,58 millions d’euros/an — près de 4 fois moins.

Ce que ça veut dire : la commune a réalisé en deux ans un volume de travaux et d’équipements largement supérieur à son rythme habituel, ce qui a nécessité un recours important à l’emprunt et l’utilisation intégrale des réserves.

Un endettement qui a presque doublé en trois ans

L’encours de la dette est passé d’environ 6 millions d’euros à près de 10 millions d’euros entre fin 2020 et fin 2024, avec 9 millions d’euros d’emprunts nouveaux contractés entre 2018 et 2024, dont 5 millions d’euros sur la seule période 2023-2024.

Ce que ça veut dire : la commune doit désormais rembourser près de 1,7 fois plus de dette qu’il y a quatre ans, ce qui pèse directement sur son budget annuel.

Un délai de désendettement multiplié par plus de trois

Le délai de désendettement (nombre d’années théoriquement nécessaires pour rembourser toute la dette avec l’épargne dégagée chaque année) est passé de moins de 4 ans en 2022 à plus de 13 ans en 2024.

Ce que ça veut dire : au-delà de 12 ans, l’Etat et les partenaires financiers considèrent généralement qu’une commune est en zone de vigilance, voire de risque, pour de nouveaux emprunts. Inzinzac-Lochrist a franchi ce seuil en 2024.

Un déficit global de clôture de -1,4 millions d’euros fin 2024

Le résultat global de clôture (l’équivalent du solde de trésorerie budgétaire cumulé) est négatif de -1,4 millions d’euros à la clôture de l’exercice 2024, après avoir été positif de +634 000 € en 2022.

Ce que ça veut dire : la commune a dépensé plus qu’elle n’a perçu et épargné, année après année, jusqu’à se retrouver en dette vis-à-vis du Trésor Public pour un montant équivalent à ce déficit.

Un investissement financé à 40 % par l’emprunt sur 2023-2024, contre 28 % en moyenne avant cette période

Sur la période 2023-2024, la structure de financement de l’investissement était : 2 % d’épargne nette, 40 % d’emprunt et 17 % de report du résultat des années précédentes, contre respectivement 35 %, 28 % et 2 % en moyenne sur 2011-2020.

Ce que ça veut dire : la commune a de moins en moins financé ses investissements par ses propres moyens (épargne) et de plus en plus par l’emprunt et par la consommation de ses réserves.

Un retour progressif à l’équilibre, mais au prix d’investissements très resserrés jusqu’en 2031

Les projections prévoient un programme d’investissement ramené à environ 1,3 millions d’euros/an sur 2026-2031 (contre 6,2 millions d’euros/an sur 2023-2024), avec un emprunt de 1,3 million d’euros en 2026 pour rétablir un résultat de clôture proche de zéro. Le délai de désendettement redescendrait progressivement sous les 7 ans en 2031.

Ce que ça veut dire : un redressement est possible, mais il suppose de réduire fortement les nouveaux projets d’investissement pendant plusieurs années, le temps de reconstituer des marges financières.

En conclusion

Cet audit financier indépendant vient confirmer, chiffres à l’appui, le constat qu’avait porté la nouvelle majorité municipale dès son arrivée : les finances de la commune d’Inzinzac-Lochrist sont aujourd’hui dans une situation très dégradée.

Endettement quasi doublé en trois ans, épargne nette devenue négative, déficit de clôture de -1,4 millions d’euros, délai de désendettement passé de 4 à plus de 13 ans : ces indicateurs, établis par un cabinet extérieur et indépendant, ne laissent pas de place au doute sur l’ampleur du redressement à opérer.

Ce travail d’analyse, présenté au conseil municipal le 1er juillet, a été commandé dans un objectif clair : disposer d’un diagnostic objectif, partagé et sourcé, plutôt que de rester sur de simples estimations. C’est cette même exigence de transparence qui conduit aujourd’hui la municipalité à rendre ce document public, sur son site internet et ses réseaux sociaux : les habitants ont le droit de connaître la réalité de la situation financière de leur commune, telle qu’elle est, sans en minimiser les constats.

Ce diagnostic n’est pas une fin en soi, mais un point de départ. Il permet désormais à la municipalité d’agir en connaissance de cause, avec une trajectoire de redressement construite sur des bases solides, et de partager avec les habitants les efforts collectifs qui seront nécessaires dans les années à venir pour retrouver des marges de manœuvre financières saines, et pouvoir continuer à investir, de manière réfléchie, pour, et seulement pour, l’intérêt général.